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19 Mai 2012, St Yves

Voltaire 1ère L 1

 

Blog des 1ères L1 de Voltaire, année 2008-2009

 

  • Une nouvelle rubrique a été créée "Bibliographie" (il y a une coquille dans le titre, désolée !). Vous y trouverez quelques idées de lecture...
  • Le corrigé de la dissertation a été mis en ligne et peut  être consulté dans la rubrique  du sujet donné. Bonne lecture à tous. Les exercices proposés peuvent être faits et mis en ligne, je les regarderai et proposerai une évaluation "bonus".
  • Mettre à jour sa fiche de lecture ( Se connecter, puis aller dans "Articles" ; "Gerer mes article" ; "fiche de lectures" ; "afficher les articles à modifier" et cliquer sur son prénom )
 

Séquence 3. Les Lumières

Objets d’étude : Mouvement littéraire et culturel européen
Convaincre, persuader, délibérer

Problématiques : Qu’est-ce que l’esprit des Lumières ?
Qu’est-ce que l’aventure encyclopédique ?
Comment lutter contre les préjugés ?
Quels registres utiliser pour convaincre ? pour persuader ?
Comment un texte peut-il se faire arme ?
L’Encyclopédie est-elle un simple dictionnaire ou une œuvre engagée ?

Lectures analytiques (extraits)

12. Diderot, Article « Agnus Scythicus », L’Encyclopédie, 1751-1772, (manuel, p.540-541)
13. D’Holbach, Article « Prêtres », L’Encyclopédie, 1751-1772, (photocopie)
14. Dumarsais, Article « Philosophe », L’Encyclopédie, 1751-1772, (manuel, p.538-539)

Activités complémentaires :

Lectures cursives :

  • de textes de l’Encyclopédie : articles de Damilaville, « Paix », Diderot, « Autorité politique ».

  • d’une œuvre complète : Beaumarchais, Le Mariage de Figaro, 1778.

Recherches : sur l’Encyclopédie et les philosophes des Lumières ; mini-dossiers sur l’Affaire Calas, Mozart, la condition féminine au XVIIIème siècle, Olympe de Gouges, Le XVIIIème siècle : siècle de la sensibilité, Watteau, la sociabilité, le cosmopolitisme.

Séquence 4 : Rimbaud, œuvres de jeunesse, 1870-1872.

Objets d’étude : La poésie
                              L’autobiographie

Problématiques : Quelles sont les spécificités du genre poétique ?
Qui était Rimbaud ?
En quoi Rimbaud se rattache au symbolisme ?
Qu’est-ce qui en fait un poète de la modernité ?
Quelles révoltes nourrissent Rimbaud ?
Quel rôle donner au poète ? Quel programme suivre ?

Lectures analytiques :

15. « Sensation », Les Cahiers de Douai, mars 1870, (photocopie)
16. « A la musique », Les Cahiers de Douai, 1870, (photocopie)
17. Lettre à Paul Demeny, dite « Lettre du Voyant », 15 mai 1871, (manuel, p.340)
18. « Les Chercheuses de poux », 1871, (photocopie)

Activités complémentaires :
Lectures cursives :

  • de textes : groupement de textes sur le rôle de la poésie (manuel, p.343-344) : extraits d’Apollinaire, « L’Esprit nouveau et les poètes », Jean Cocteau, Le Secret professionnel, René-Guy Cadou, Usage interne, Saint-John Perse, « Poésie ».
    Rimbaud, Lettre à Georges Izambard, dite « Lettre du voyant », 13 mai 1871, (photocopie)
    Baudelaire, « Correspondances », Les Fleurs du mal, 1857, (manuel, p.248)
    Rimbaud, « Voyelles », Poésies, 1871 (photocopie)

  • d’un recueil de poésies au choix parmi les auteurs suivants : Baudelaire, Verlaine, Apollinaire

Préparation à l’oral : exposés autour de l’  « univers rimbaldien » sur Verlaine, les arts à l’époque de Rimbaud, le contexte historique (1870-1872), le Parnasse, Rimbaud.
Recherches à partir d’un questionnaire sur le symbolisme

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Jeudi 19 Mars 2009Poster un commentaire

Sujet : A partir des textes lus ou étudiés, explicitez cette définition : l'esprit des Lumières consiste moins en une doctrine ou une idéologie qu'en un savoir en mouvement et en un travail de l'esprit qui se fondent sur la raison critique et l'incrédulité.

I. L'esprit des Lumières : une doctrine ?

a) Les Lumières : mouvement littéraire et culturel européen

"crise de la conscience européenne" (Hazard) à partir des années 1680. Progrès du rationalisme. Disciples de Descartes, au nom de la raison, critiquent les croyances traditionnelles et lea autorités. Avancées de la science repoussent les frontières du monde connu. Destruction de l'ancienne vision aristotélicienne d'un univers centré autour de la terre.

Influences diverses : philosophe hollandais Spinoza (1632-1677) : religions au service du despotisme des rois. Homme doit chercher en lui-même la voie du salut pour une connaissance de Dieu qui relève d'une démarche rationaliste. (L'Ethique, 1677)   Anglais John Locke (1632-1704), pour empirisme : à l'origine des idées les plus abstraites, il y a les sensations. 'Essai sur l'entendement humain, 1690). Newton, loi de la gravitation, 1687 : aux explications théologiques de l'univers oppose des théories scientifiques.

b)Idées et valeurs communes...

lutte contre les préjugés; engagement dans la société contre les injustices (affaire Calas); contre intolérance; contre absolutisme et ses dérives; contre censure; passion pour la science et croyance au progrès.

c)...mais pas de système de pensée à proprement parler

différentes conceptions sur la religion (matérialisme, déisme, athéisme); différentes conceptions du pouvoir (monarchie constitutionnelle,despotisme éclairé); pas de formes litt privilégiées; groupe social non homogène (bourgeoisie et noblesse); pluridisciplinarité

Transition : Lumières plutôt un état d'esprit n'impose rien, plus une démarche. hommes épris de justice et de liberté.

II-Un savoir en mouvement et un travail de l'esprit quise fondent sur la raison critique et l'incrédulité

a)Un savoir en mouvement

échange d'idées, fréquentation des salons, siècle de la "sociabilité militante" (L.S. Mercier); souci de vulgarisation (L'Encyclopédie); souci de confronter les savoirs (plusieurs collaborateurs savants dans leurs domaines); goût pour les voyages (cosmopolitisme : confronter les différentes sociétés). Encyclopédie : mettre à plat l'ensemble des connaissances.

b)Travail de l'esprit

Article "Philosophe", Dumarsais: recherche de la vérité. "Agnus Scythicus", Diderot : observer, analyser, comprendre, confronter. Militer pour liberté d'expression et de pensée

c)Raison critique et incrédulité

mot d'ordre des encyclopédistes "tout examiner, tout remuer". Remise en question constante, y compris des savants (balbutiements de la science, érudits ne sont pas à l'abri de commettre des erreurs : "Agnus Scythicus"). Forme didactique des articles de L'Encyclopédie (inciter à exercer un jugement personnel) 

 

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Samedi 07 Février 2009Poster un commentaire

 

Bibliographie indicative sur le XVIIIème siècle

Généralités sur les Lumières

 

Cassirer, E., La Philosophie des Lumières, 1966.

Mauzi, R., L'Idée de bonheur au XVIIIème siècle, 1960.

 

 

Grandes oeuvres philosophiques et/ou littéraires

 

Beaumarchais, Le Barbier de Séville.

                             Le Mariage de Figaro

Bernardin de Saint-Pierre, Paul et Virginie

Crébillon, Les Egarements du coeur et de l'esprit.

Laclos, Les Liaisons dangereuses.

Diderot, Jacques le fataliste.

               Les Bijoux indiscrets

               Le Neveu de Rameau

               La Religieuse

               Supplément au voyage de Bougainville

Marivaux, L'Ile des esclaves

                 La Double inconstance

                 Le Jeu de l'amour et du hasard

                Les Fausses confidences

Montesquieu, De l'Esprit des lois

                         Les Lettres persanes

Prévost, Manon Lescaut

Rousseau, Du contrat social

                     Les Confessions

                    Les Rêveries du promeneur solitaire

                    Julie ou la Nouvelle Héloïse

                    Emile

Voltaire, Lettres philosophiques

               Dictionnaire philosophique

              Romans et contes

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Mercredi 21 Janvier 2009Poster un commentaire

Corrigé dissertation n° 2

« Pensez-vous, comme Chateaubriand, que l’homme est un étranger dans le monde ? »

Je passe sur l’analyse du sujet, qui devait contextualiser  la citat° (Chateaubriand, auteur romantique, écrivain d’autobiographie et d’histoire, qui a suivi en exil Charles X et a donc connu, par ses voyages personnel s et par l’exil, ce que le mot d’étranger veut dire.) Chateaubriand, faisant référence a u monde intérieur que l’homme se construit, s’inscrit dans le courant romantique, celui du rêve et de l’individualisme de la création littéraire.  Au contraire, Levi -Strauss, qui le cite,  en anthropologue- explorateur, renouvelle la réflexion sur le thème de l’étranger  au XXème  siècle, montrant que nous appartenons tous à une même humanité dont nous nous excluons si nous ne sommes pas capables de la comprendre et de la partager, par la connaissance que nous pouvons avoir les uns des autres, au même siècle ou par delà les siècles. Il rejoint par là la problématique humaniste d’un Montaigne….

Je passe aussi sur l’analyse des notions, de l’énonciation de la citation, (on leur demandait bien leur avis …) à faire en classe à l’oral avec eux brièvement…

 

PROPOSITION DE PLAN

I- L’homme peut sembler un étranger dans le  monde à de multiples égards.

1- Etranger par rapport aux autres espèces vivantes

Cf la découverte de Darwin et les réact° à l’époque… ou la planète des Singes…

2- Etranger par rapport au reste de l’univers (monde = univers)

Cf « 2001 l’Odyssée de l’espace » ou autre ouvrage de science fiction qui pose ce problème

3- Etranger par rapport aux autres hommes

Cf Les Cannibales de Montaigne / la rencontre de Candide et du nègre de Surinam …

 

II- Appartenir au monde, cela suppose comprendre le monde, lui donner sens

1- Lui donner  sens historiquement, pour comprendre son évolut°

cf Michelet, la prise de la Bastille, évoquée comme un mythe par cet écrivain romantique

2- Lui donner sens philosophiquement pour comprendre  son fonctionnement

cf Rousseau, comprendre l’origine de l’inégalité pour comprendre ce qui fonde les injustices de son époque.  (cf manuel)

3- Lui donner sens artistiquement, pour renouveler le regard sur l’homme

cf Prévert, être poète, c’est regarder le monde autrement…

 

III- Une lutte constante  entre 2  pôles : l’inconnu et le connu

1-  L’univers rassurant du connu / inquiétant de l’inconnu

cf Le thème pascalien de l’homme est un roseau pensant

2- Le besoin de l’inconnu

cf Baudelaire, les derniers tercets  du Voyage cf manuel)

3- L’oscillation entre ces 2 pôles est constitutive de l’évolut°  de la pensée humaine

cf Les mythes des origines : explicatifs (rassurant) et horribles (inquiétants) cf J.P.Vernant, L’Univers, les dieux, les hommes… (à lire absolument)

 

 

La prise de la Bastille évoquée par Jules Michelet (1847)

Versailles, avec un gouvernement organisé, un roi, des ministres, un général, une armée, n’était qu’hésitation, doute, incertitude dans la plus complète anarchie morale.

 

Paris, bouleversé, délaissé de toute autorité légale, dans un désordre apparent, atteignit, le 14 juillet, ce qui moralement est l’ordre le plus profond, l’unanimité des esprits.

Le 13 juillet, Paris ne songeait qu’à se défendre. Le 14 il attaqua. […]

L’attaque de la Bastille ne fut nullement raisonnable. Ce fut un acte de foi.

Personne ne proposa. Mais tous crurent, et tous agirent. Le long des rues, des quais, des ponts, des boulevards, la foule criait à la foule : « À la Bastille ! à la Bastille !… » Et, dans le tocsin qui sonnait, tous entendaient : « À la Bastille ! » […]

L’histoire revint cette nuit-là, une longue histoire de souffrances, dans l’instinct vengeur du peuple. L’âme des pères qui, tant de siècles, souffrirent, moururent en silence revint dans les fils, et parla.

Hommes forts, hommes patients, jusque-là si pacifiques, qui deviez frapper en ce jour le grand coup de la Providence, la vue de vos familles, sans ressource autre que vous, n’amollit pas votre cœur. Loin de là, regardant une fois encore vos enfants endormis, ces enfants dont ce jour allait faire la destinée, votre pensée grandie embrassa les libres générations qui sortiraient de leur berceau, et sentit dans cette journée tout le combat de l’avenir !…

L’avenir et le passé faisaient tous deux même réponse ; tous deux dirent : « Va !… »

Et ce qui est hors du temps, hors de l’avenir et hors du passé, l’immuable droit le disait aussi. L’immortel sentiment du Juste donna une assiette d’airain au cœur agité de l’homme, il lui dit : « Va paisible, que t’importe ? quoi qu’il t’arrive, mort, vainqueur, je suis avec toi ! »

Et qu’est-ce que la Bastille faisait à ce peuple ? Les hommes du peuple n’y entrèrent presque jamais… Mais la justice lui parlait, et une voix qui plus fortement encore parle au cœur, la voix de l’humanité et de la miséricorde ; cette voix douce qui semble faible et qui renverse les tours, déjà, depuis dix ans, elle faisait chanceler la Bastille. […]

Il était cinq heures et demie. Un cri monte […] Un grand bruit, d’abord lointain, éclate, avance, se rapproche, avec la rapidité, le fracas de la tempête… La Bastille est prise !

Dans cette salle déjà pleine, il entre d’un coup mille hommes, et dix mille poussaient derrière. Les boiseries craquent, les bancs se renversent, la barrière est poussée sur le bureau, le bureau sur le président.

Tous armés, de façons bizarres, les uns presque nus d’autres vêtus de toutes couleurs. Un homme était porté sur les épaules et couronné de lauriers ; c’était Élie, toutes les dépouilles et les prisonniers autour. En tête, parmi ce fracas où l’on n’aurait pas entendu la foudre, marchait un jeune homme recueilli et plein de religion ; il portait, suspendue et percée de sa baïonnette, une chose impie, trois fois maudite : le règlement de la Bastille.

Les clés aussi étaient portées, ces clés monstrueuses, ignobles, grossières, usées par les siècles et par les douleurs des hommes. Le hasard ou la Providence voulut qu’elles fussent remises à un homme qui ne les connaissait que trop, à un ancien prisonnier. L’Assemblée nationale les plaça dans ses archives, la vieille machine des tyrans à côté des lois qui ont brisé les tyrans. Nous les tenons encore aujourd’hui, ces clés, dans l’armoire de fer des Archives de la France… Ah ! puissent, dans l’armoire de fer, venir s’enfermer les clés de toutes les Bastille du monde !

La Bastille ne fut pas prise, il faut le dire, elle se livra. Sa mauvaise conscience la troubla. la rendit folle et lui fit perdre l’esprit. […]

La difficulté était de faire exécuter la promesse. Empêcher une vengeance entassée depuis des siècles, irritée par tant de meurtres que venait de faire la Bastille, qui pouvait cela ? […]

La foule était enragée, aveugle, ivre de son danger même. Elle ne tua cependant qu’un seul homme dans la place, elle épargna ses ennemis les Suisses, qu’à leurs sarraux elle prenait pour des domestiques ou des prisonniers ; elle blessa, maltraita ses amis les invalides. Elle aurait voulu pouvoir exterminer la Bastille ; elle brisa à coups de pierres les deux esclaves du cadran ; elle monta aux tours pour insulter les canons ; plusieurs s’en prenaient aux pierres, et s’ensanglantaient les mains à les arracher. On alla vite aux cachots délivrer les prisonniers ; deux étaient devenus fous. L’un, effarouché du bruit, voulait se mettre en défense ; il fut tout surpris quand ceux qui brisèrent sa porte se jetèrent dans ses bras en le mouillant de leurs larmes. Un autre, qui avait une barbe jusqu’à la ceinture, demanda comment se portait Louis XV ; il croyait qu’il régnait encore. À ceux qui demandaient son nom il disait qu’il s’appelait le major de l’Immensité. […]

Source : Michelet (Jules), Histoire de la Révolution française, Paris, Robert Laffont, coll. Bouquins, 1979.

 

Étranges étrangers

Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel
hommes des pays lointains
cobayes des colonies
Doux petits musiciens
soleils adolescents de la porte d'Italie
Boumians de la porte de Saint-Ouen
Apatrides d'Aubervilliers
brûleurs des grandes ordures de la ville de Pans
ébouillanteurs des bêtes trouvés mortes sur pied au beau milieu des rues
Tunisiens de Grenelle
embauchés débauchés
manœuvres désœuvrés
Polacks du Marais du Temple des Rosiers


Cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelone
pêcheurs des Baléares ou bien du Finisterre
rescapés de Franco
et déportés de Franco et de Navarre
pour avoir défendu en souvenir de la vôtre la liberté des autres
Esclaves noirs de Fréjus
tiraillés et parqués
au bord d'une petite mer
où peu vous vous baignez

Esclaves noirs de Fréjus
qui évoquez chaque soir
dans les locaux disciplinaires
avec une vieille botte à cigares et quelques bouts de fil de fer
tous les échos de vos villages
tous les oiseaux de vos forêts
et ne venez dans la capitale
que pour fêter au pas cadencé la prise de la Bastille le quatorze juillet

Enfants du Sénégal
dépatriés expatriés et naturalisés

Enfants indochinois
jongleurs aux innocents couteaux
qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés de jolis dragons d'or
Faits de papier plié

Enfants trop tôt grandis et si vite en ailés
qui donnez aujourd'hui de retour au pas
le visage dans la terre
et des bombes Incendiaires labourant vos rizières

On vous a renvoyé
la monnaie de vos papiers dorés
on vous a retourné
vos petits couteaux dans le dos

Étranges étrangers
Vous êtes de la ville
vous êtes de sa vie
même si mal en vIvez
même si vous mourez.

                                         Jacques Prévert, 1956

 

La grandeur de l'homme est grande en ce qu'il se connaît misérable. Un arbre ne se connaît pas misérable. C'est donc être misérable que de se connaître misérable ; mais c'est être grand que de connaître qu'on est misérable.

Penser fait la grandeur de l'homme.

Je puis bien concevoir un homme sans mains, pieds, tête (car ce n'est que l'expérience qui nous apprend que la tête est plus nécessaire que les pieds). Mais je ne puis concevoir un homme sans pensée : ce serait une pierre ou une brute.

L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature ; mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'écraser : une vapeur, une goutte d'eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu'il sait qu'il meurt, et l'avantage de l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C'est de là qu'il nous faut relever et non de l'espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser : voilà le principe de la morale.

PASCAL, Pensées, 1670

Plusieurs exercices sont possibles à partir de cette proposition de corrigé :

Rédigez l’introduct° ou la conclus°

Développez 1 ou plusieurs  exemples à l’oral / à l’écrit

Reformulez le plan sous une autre progression argumentative à savoir en commençant par :

Définir  le sujet, les not°, montrer ce qui est problématique

Développer les points de vue contradictoires ou tout du moins controversés

Dépasser

C’est ce que j’appelle le plan en 3 D

Bon courage et encore merci à ceux qui ont fait ce travail  ce qui m’a permis, cahin cahan, de faire un corrigé qui correspondent à vos réussites et vos erreurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

STRUCTURE

                Intro (contexte, problématique, plan)………………………………./3

                Développement………………………………………………………………../2

                Conclus° (réponse problématique + ouverture.………………./2

 

CONTENU

                Idées………………………………………………………………………………/4

                Arguments……………………………………………………………………./4

                Exemples littéraires ou artistiques………………………………../4

 

ORHTOGRAPHE/SYNTAXE…………………………………………………………/1

 

STRUCTURE

                Intro (contexte, problématique, plan)………………………………./3

                Développement………………………………………………………………../2

                Conclus° (réponse problématique + ouverture.………………./2

 

CONTENU

                Idées………………………………………………………………………………/4

                Arguments……………………………………………………………………./4

                Exemples littéraires ou artistiques………………………………../4

 

ORHTOGRAPHE/SYNTAXE…………………………………………………………/1

 

STRUCTURE

                Intro (contexte, problématique, plan)………………………………./3

                Développement………………………………………………………………../2

                Conclus° (réponse problématique + ouverture.………………./2

 

CONTENU

                Idées………………………………………………………………………………/4

                Arguments……………………………………………………………………./4

                Exemples littéraires ou artistiques………………………………../4

 

ORHTOGRAPHE/SYNTAXE…………………………………………………………/1

 

STRUCTURE

                Intro (contexte, problématique, plan)………………………………./3

                Développement………………………………………………………………../2

                Conclus° (réponse problématique + ouverture.………………./2

 

CONTENU

                Idées………………………………………………………………………………/4

                Arguments……………………………………………………………………./4

                Exemples littéraires ou artistiques………………………………../4

 

ORHTOGRAPHE/SYNTAXE…………………………………………………………/1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dimanche 18 Janvier 2009Poster un commentaire

Pensez vous que l’homme est un étranger dans le monde ?

 

  L’homme, être appartenant à l’espèce humaine, peuple le monde. Ce monde peut être de plusieurs significations, car d’un premier point de vue le monde désigne l’espace dans lequel nous vivons, composé de la terre et de l’univers. D’un second point de vue, le monde est une métonymie remplaçant les « habitants du monde » avec le « monde », d’un dernier point de vue, le monde exprime notre propre espace, de pensées et de connaissances, comme le précise l’expression « être dans son monde ».

  A quel degré l’homme est-il renfermé dans ce monde, ou ouvert sur le premier, et y est-il donc étranger ?

  Nous verrons donc que l’homme commence par être un étranger, puis le reste, ou au contraire choisi d’apprivoiser l’autre et devient connu.

 

  L’homme commence tout d’abord par être un étranger aux yeux des autres, de même que les autres sont tout d’abord des étrangers à ses yeux.

  Si l’on part du principe par exemple que ce qui nous est étranger est ce que nous ne connaissons pas. Nous ne le connaissons pas car il est autre que ce que nous connaissons déjà. Ainsi, un nouveau-né provient d’un monde propre à lui-même, étroit et sombre qui n’est autre que le ventre de sa mère, et arrive dans un monde beaucoup plus grand, plein de lumières et de couleurs. De même, dans son propre monde il ne connaissait que lui-même, voir quelques voix extérieures. Une fois arrivé dans ce nouvel espace, il découvre de nouvelles personnes, qui sont bien plus grandes, habillées et qui communiquent. C’est cette communication qui maintiendra le mur existant entre le nourrisson et les adultes ou enfants de plus de quelques années. En effet, une différence de communication est présente lors du début de la vie d’un homme avec les autres hommes, car le nouveau-né ne sait pas parler et les adultes ne connaissent pas leur mode d’échange. L’homme naît donc étranger aux autres.

  De la même façon, lorsque deux personnes se rencontrent elles sont inconnues l’une par rapport à l’autre, dans la rue par exemple, nous ne connaissons rien de la personne que nous croisons. Cette personne est donc étrangère non pas par rapport au monde représentant l’univers, mais par rapport à notre propre monde, notre monde intérieur, car nous ne la connaissons pas. Il arrive que la personne soit plus ou moins étrangère à nous en fonction par exemple de ses vêtements qui, s’ils sont semblables aux nôtres, vont faire que la personne nous semble plus familière, et ainsi nous auront plus tendance à aller vers elle et vaincre notre timidité car elle est pour nous presque connue.

  L’homme est également considéré comme étranger lorsqu’il arrive dans un lieu nouveau. C’est ici un terme qu’il se fixe lui-même, car c’est l’homme seul qui se déclare étranger au lieu et à ses habitants, jusqu’au moment où il apprendra à connaître ce lieu. Dans de nombreux romans de fiction, où il est justement question de cette découverte d’un lieu nouveau, l’auteur passe par une étape de description, comme si le personnage découvrant le lieu avait besoin de l’observer afin de se l’approprier. Ainsi, si nous lisions l’arrivée d’Harry Potter dans son école, dans le livre Harry Potter à l’école des sorciers de J.K. Rowling, nous verrions écrit « Le hall d’entrée était si grand que la maison des Dursley aurait pu y tenir tout entière et le plafond si haut qu’on n’arrivait pas à l’apercevoir. Des torches enflammées étaient fixées au murs de pierre […] et un somptueux escalier de marbre permettait de monter dans les étages ». Cette description permet à Harry Potter qui était étranger au château de Poudlard, l’école de sorcier, de s’approprier les lieux, de même qu’il nous permet à nous, lecteur qui ne connaissons pas les lieux, de les imaginer et donc ainsi rendre l’ « autre », l’imaginaire du livre, un peu plus proche de la réalité et donc moins étranger.

  Lorsqu’ils arrivent dans un nouveau lieu, lorsqu’ils font une nouvelle connaissance, lorsqu’ils naissent, les hommes sont donc totalement étrangers au monde qui les entoure. Cependant, vont-ils réellement rester totalement étrangers ?

 

  Dans un premier cas, l’homme restera étranger aux autres, contre son gré ou, au contraire, après une décision personnelle.

  L’homme peut tout d’abord choisir de rester étranger au monde en s’isolant de la population qui l’entoure. Cette isolation peut survenir de plusieurs façons, car il peut très bien s’isoler par rapport au lieu et partir dans un milieu reclus, comme l’a fait Klaus Kinski a la fin de sa vie par exemple, l’explique-t-il dans son livre J’ai besoin d’amour. En effet, celui-ci, après avoir rayonné derrière les caméras ou sur scène, s’isole en Californie, à Lagunitas, où il meurt sans personne pour l’accompagner, mis appart son fils Nanhoï. Cependant, cette exclusion qui semble la plus logique n’est pas la seule car une autre façon de s’isoler, beaucoup plus courante existe. Cette isolation consiste à ne pas adapter son monde, de pensées et de connaissances, à celui des autres. Nous devenons alors un étranger car nous refusons de comprendre l’autre. Certains mouvements littéraires furent, à leurs commencements, des exemples de cette isolation. Les lumières par exemple, avaient un état d’esprit totalement différent de celui des autres habitants de la Terre. En effet, alors que les lumières sont pour la liberté, le régime est despotique, pour l’égalité alors qu’il régnait une société d’ordre divisée en nobles, membres du clergé et tiers-état, ils sont pour la séparation des pouvoirs alors que la France est alors une autocratie. Ces lumières sont donc, à leurs débuts, étrangers au peuple à cause de leurs pensées. Les humanistes seront également en décalage avec la société car alors que celle-ci tourne autours de Dieu, eux placeront l’individu au premier plan. Bien qu’ils soient rejoins au bout de quelques temps par de nombreux autres philosophes, écrivains, peintres, ou même membre du « tiers-état », ils auront fait leur début dans l’ombre de la solitude car leurs idées étaient différentes, et cela suffisait pour faire d’eux des étrangers par rapport à la société.

  L’homme peut également rester ou redevenir étranger en choisissant de devenir un bourreau. En installant une séparation entre une telle personne et lui-même, le bourreau deviendra étranger pour sa victime, et dans certains cas pour de nombreuses victimes. Ce fut le cas par exemple durant la seconde guerre mondiale lors du génocide juif. Les nazis, en se rangeant dans le camp des bourreaux, se rendaient eux-mêmes étrangers par rapport au peuple juif ou allié aux juifs. Dans le témoignage d’Elie Wiesel, La nuit, par exemple, les antisémites sont visiblement incompréhensibles. Ce récit nous émet l’idée qu’ils le sont devenus progressivement car lorsqu’Elie Wiesel était dans les ghettos il les considérait comme moins sauvages que ce qu’il aurait pu imaginer. Cependant, au fur et à mesure du livre cette version se transforme et lors de la pendaison d’un enfant par exemple, l’auteur nous montre à quel point il ne comprenait pas les mentalités des bourreaux, combien ceux-ci étaient différents à lui-même, combien ceux-ci étaient autres… Combien ceux-ci étaient étrangers.

  L’homme peut également devenir étranger malgré lui, en devenant victime. Un bourreau les distingue alors des autres et leur donne un nom, les classe comme minorité et indésirables. Lors de la seconde guerre mondiale par exemple, les juifs sont également rendus étrangers aux yeux des nazis qui ne voient en eux que des animaux, des êtres incapables de comprendre. Certains les pointes du doigt, afin de montrer « l’autre » qui marche, comme si sa venue était extraordinaire. Cette façon de devenir étranger, le photographe Sebastião Salgado la dénonce à travers ses photos et exposition, car elle persiste dans notre société actuelle, notamment lors des génocides, encore présents de nos jours. Lors d’une photo montrant des enfants enfermés dans une cage, nous apprenons qu’il s’agit de réfugié vietnamiens dans un camp de détention. Cette façon de les mettre en cage n’est-elle pas une façon de dire qu’ils ne valent pas mieux que des animaux, de les extraire du monde humain, et par conséquent, de les considérer comme étrangers ? De même, Cannibales, de Didier Daenincks, nous montre comment les premiers habitants de l’Amérique ont été mis appart, et considéré comme des animaux, mis en cage et même présenté lors d’expositions, tels des bêtes dans un zoo.

  L’homme peut donc se rendre étranger ou devenir étranger tout au long de sa vie en se différenciant des autres, en refusant de les comprendre, de se mêler à eux, ou en étant traité comme différents par d’autres hommes.

 

  Cependant, dans un second cas, l’homme peut également choisir d’apprivoiser celui qui est pour commencer « autre » afin de le connaître et de finir non plus étranger mais semblables.

  Il y a tout d’abord la familiarisation naturelle, en vivant au près de quelqu’un pendant un certain moment, vient alors le moment où les deux mondes se rejoignent et ne forment plus qu’un. Si nous reprenons l’exemple du nouveau-né par exemple, la barrière le séparant de ses parents par le manque de communication sera au bout de quelques temps aboli car à force de vie commune et d’efforts, l’enfant arrivera à utiliser le même langage que ses parents et ainsi pourront se comprendre. Ils cesseront donc d’être étranger l’un pour l’autre, car ce qui est autre est ce que nous ne comprenons pas. Dans Les affinités électives, de Goethe, par exemple, contant l’histoire d’un couple accueillant un homme et une jeune fille chez eux, ces deux nouveaux arrivants, l’un étranger pour la femme, et l’autre étrangère pour le mari, vont peu à peu faire connaissance, à force de vivre sous le même toit, et vont finir par finalement s’aimer.

  Afin de cesser d’être étranger, l’homme peut également se renseigner sur les personnes et le monde qui l’entourent afin d’apprendre à les connaître. Suivant cette idée, un homme étudiant la psychologie se sent moins étranger car il a appris à connaître les personnes qui l’entourent, et peut ainsi comprendre l’autre et une fois compris, celui-ci est plus facilement identifiable et donc moins « autre ». Le fait d’être étranger à quelqu’un se rapporte donc au fait de ne pouvoir s’immiscer dans son esprit. De même, certains scientifiques vont tenter de percer les secrets du monde, et, dans le cas où leur quête est fructueuse, ils apprennent alors à le connaître. Nous connaissons la terre donc nous nous y sentons chez nous. En revanche, des planètes comme Mercure nous sont inconnues, et par conséquent elles nous sont donc étrangères. Il s’agit donc de connaître, puis de comprendre pour que notre esprit intègre cet objet, ici cette planète.

  Pour finir, certains étrangers par rapport aux autres se regroupent et forment ce que nous appelleront des communautés. Il y a de plus en plus de ces communautés, de ces petits groupes. Certains concernent la façon de s’habiller, ainsi il y aura des groupe « punk », « gothique » ou encore « tecktoniks », d’autre concernent le milieu social, avec la classe ouvrière, la bourgeoisie, le clergé, les nobles. Il y a également des groupes concernant notre mode de vie, comme les groupes de célibataires, ou encore ceux de nomades. Ces communautés sont particulièrement bien soulignées dans le site internet www.facebook.com car il existe une option permettant de créer des groupes pouvant rassembler tout type de personnes, allant des claustrophobes à ceux qui n’aiment pas entendre la sonnerie de leur réveil. Ces différents groupes, à priori servant simplement à nommer les gens d’une même façon de vivre, servent également à l’entraide d’une même population, afin dans certains cas de supporter le regard des autres, dans d’autre de se sentir « normal ». Toujours est-il que si dans le monde dans lequel nous vivons peut paraître étranger à certaines personnes, voir à une grande partie d’entre elles, ce système de groupe permet de connaître des gens vivant à notre manière et dont on ne peinera pas à penser de leurs façon. Nous ne seront par conséquent plus des étrangers pour eux, mais des êtres humains semblables qu’il est intéressant de connaître.

 

  Le fait d’être étranger pour un homme se sépare donc en trois parties, la première consistant à l’être de toute façon car nous ne connaissons pas encore. Ensuite, l’homme choisi ou non de le rester, en rejetant ou acceptant les autres à différents degré. Il n’y a donc aucune universalité au fait d’être étranger, car chacun décide de sa vie différemment. De même, il faut prendre en compte le fait que l’on peut être étranger à certaines personnes sans l’être pour toutes.

  Suite à cela, nous pouvons nous interroger sur la nécessité d’être parfois étranger aux autres et ce que ce sentiment peut apporter à l’être humain.

 

Lucie Riandière

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Mercredi 31 Décembre 2008Poster un commentaire
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